Ludovic Surin - "A cœur ouvert" [Part. II]
Mardi, 11 Octobre 2011 18:28

Ludovic Surin nous a accordé une interview à "cœur ouvert". Ainsi nous vous proposons, à travers une interview en deux parties - dans laquelle Ludovic nous fait œuvre de sa simplicité et de son humilité - de découvrir ce talent brut.

 

 

"Gagner un rallye ? Un rêve"

 


Qu'envisagez-vous pour la suite de la saison et quelles vont être vos priorités à l'avenir ?

"Mon rêve serait de faire un scratch, donc c'est loin d'être évident. Soit on essayera de louer une auto, le problème c'est que j'ai que Jacky Pascaud et mon garage comme sponsor, donc pour le reste je roule avec mon salaire, c'est pour ça qu'il faut que je ramène les engagements. Mon projet pour l'avenir serait tout d'abord de trouver des sponsors. Parce qu'on ne peut pas être bon partout, je suis peut-être bon à faire des temps, mais je ne suis pas bon à aller démarcher. Donc si un jour je trouve des sponsors qui peuvent m'aider à avoir la voiture pour, et bien le but serait de faire des scratchs. Et puis surtout pour remercier Jacky Pascaud qui ne rêve que de ça, car il croit en moi."

Avec une finale en point d'augure ... ?

"On n'avait pas le projet de la finale, c'est vrai que là nous remontons assez vite. Donc si on est qualifié on va y aller, mais après je n'ai pas le budget pour me qualifier. Je ne vais pas rouler pour me dire qu'il faut que je me qualifie. Je vais rouler tout simplement et puis si on est qualifié tant mieux."

La piste du rallycross a donc été mise de côté ?

"C'est vrai que je voulais faire une ou deux saisons pour profiter de l'engouement qui existe autour de cette discipline. Et ainsi démarcher plus facilement des sponsors. Mais Jacky voulait que je poursuive en rallye, je ne pouvais pas me permettre de lui faire contre-pied."

 


Jacky Pascaud, le Dominique Heinz sarthois..



Vos performances au volant d'autos souvent moins puissantes que celles de vos adversaires étonnent, arrivez-vous à vous étonner ?

"Je m'étonne parfois en regardant les caméras embarquées. Et puis comme je calcule tout lors de mes reconnaissances, le premier passage en spéciale sera normalement quasi identique au dernier passage. On le voit bien puisque j'améliore rarement mes temps. Donc parfois je me fais surprendre comme je note assez fort, je serre vraiment les dents dans le premier passage. Mais je me dis que s'est passé donc ça passera aussi au prochain tour. Éloïse, qui est monté avec pas mal de monde, trouve que c'est finalement plus impressionnant de l'extérieur, que l'on se dit que ça ne va jamais le faire, qu'à l'intérieur où c'est finalement moins impressionnant que l'on pourrait le croire."

Comment réagissez-vous au fait que beaucoup de gens vous considère comme « un extraterrestre » dans le milieu ?

"Ça m'ennuie... C'est-à-dire qu'avant je ne m'en rendais peut-être pas compte, mais je dois avoir un don dans ce domaine et ce qui m'ennuie c'est qu'il n'y est pas des gens, comme Peugeot Sport, Citroën Sport par exemple, qui s'en sont aperçus avant. J'ai toujours roulé avec des voitures inférieures."

Vous en voulez donc à certaines personnes de ne pas être venu vous donner un coup de pouce ?

"J'en veux à certaines personnes de m'avoir fait espérer pour rien, d'avoir finalement pris des gens sous leurs épaules, sans trop regarder et qu'aujourd'hui il n'y ait pas eut d'aboutissement pour eux, alors que moi j'étais là avec mon salaire, à me débrouiller comme je pouvais, à préparer mon auto tout seul. J'ai toujours tout fait tout seul et j'en veux un peu à me dire que j'en chie, j'en chie (sic), je passe des heures le soir, le midi, le weekend c'est le rallye et on recommence la semaine."

Pouvez-vous nous parler de vos relations avec votre fidèle partenaire, Jacky Pascaud ?


"Jacky c'est quelqu'un que j'ai rencontré lorsque j'avais ma 306 groupe N en 2008. Après avoir vendu cette dernière je l'ai appelé, car il vendait sa 306 Groupe A, l'ex. Gouret, je suis monté chez lui et lorsqu'il m'a annoncé le prix je lui ai honnêtement répondu que je n'avais pas du tout les sous pour l'acheter. A cette époque là on avait 3.000€ de budget l'année, donc il en manquait beaucoup.. Il m'a quand même dit de passer un samedi. Je suis arrivé là-bas, on a démarré l'auto puis Jacky me dit de m'installer au volant et m'annonce que nous partons direction le circuit de Lavaré afin que « je me fasse plaisir avec l'auto» (dixit Jacky). J'ai trouvé ça d'une gentillesse immense de sa part, rares sont ceux qui auraient fait ça. Nous sommes partis par la route, j'ai essayé la voiture, et à la fin de la journée  il me dit : « Tu vois là on rentre la voiture dans le garage, tu reviens la chercher dans une semaine et tu vas aller faire le rallye de la Suisse Normande avec. » Donc on a été faire le rallye de la Suisse Normande sur lequel on a fait deux temps scratchs devant Xavier Lemonnier avec la 207 Super2000, et il me semble qu'on finit finalement quatrième. A la fin du rallye Jacky m'annonce que je dispose également de la 306 pour le rallye du Muguet, qui a lieu une semaine après. Et sur ce rallye je finis deuxième au scratch à quatre dixième derrière Éric Brunson (Subaru Groupe A), qui m'a repris dans les deux derniers chronos. Jacky était heureux, car pour lui c'est comme si j'avais fait le scratch. Ensuite il m'a dit de repeindre la 306 à mes couleurs et que celle-ci était la mienne jusqu'à la fin de l'année. Puis comme Jacky a arrêté, il m'a vendu la voiture à tout petit prix pour que je puisse mettre le restant de la vente de la Groupe N dedans.  Aujourd'hui sans Jacky je ne pourrais plus rouler. Et en dehors de son statut de sponsor, je le considère désormais comme un père. J'aimerais un jour revenir, le prendre dans mes bras et dire que ça y est j'ai gagné !"



Dernière minute : quand le rêve devient réalité..



Vous avez donc remporté votre première victoire scratch au rallye du Bocage, début septembre..

"Pour une fois ça paye. Je n'ai jamais roulé aussi vite en slicks sous la pluie, sachant qu'à l'origine la pluie n'est pas ma tasse de thé. Dans la dernière boucle tout était millimétré, dès le départ je savais que ça allait donner. Ce qui se passe avec la 106 c'est l'accomplissement ou plutôt la revanche sur tous les ennuis que nous avons rencontré avec la 306 Groupe A. C'est vraiment un beau cadeau cette 106 ! J'ai donc fait ce que je voulais faire dans le rallye, tout comme Eloïse : une victoire scratch. Nous sommes juste un peu déçus de l'organisation."


Certains tentent de minimiser votre victoire, la mettant sur le compte de l'erreur des officiels. Qu'en pensez vous ?

"On a vraiment été déçus que des gens et Stéphane Pustelnick lui-même, soient allés raconter des histoires de passages sur le sec, sur le mouillé pour minimiser cette performance. Dans les médias locaux, les faits ont été largement hyperbolé, comme quoi Stéphane aurait perdu pas loin de dix secondes dans l'affaire de la voiture ouvreuse. Alors que de nombreuses personnes connues du milieu ont vu la voiture ouvreuse se ranger avant son passage."

Cette affaire vous reste donc encore en travers de la gorge ?

"Oui, car les chronos que j'ai fait sont bel et bien réalisés. De plus à aucun moment le journal ne va parler de mon tout-droit ou de la différence entre les autos, non on préfère montrer Stéphane Pustelnick comme le vainqueur. A armes égales dans la dernière boucle, il ne fait pas un meilleur temps. Pourquoi n'a-t-il pas demandé de forfaitaire après la boucle dans laquelle il se dit avoir été gêné, plutôt que de le réclamer à la fin de l'épreuve après avoir su que le rallye était perdu ? Je suis dégouté, l'esprit est clairement anti-sportif.."

Malgré toute cette histoire, vous avez enchaîné avec une très belle 6ème place au rallye du Pays d'Auge, validant ainsi votre ticket pour la finale. Quels seront tes objectifs pour cette grande fête du rallye ?

"L'objectif c'est d'être au bout et de se battre avec les meilleures F2000-13, mais ça ne sera pas simple étant donné que le parcours semble piégeux et exigeant. Olivier Delaporte semble le mieux placé du fait de sa connaissance du terrain. Après il faut se faire plaisir et remercier comme il se doit tous nos sponsors !"

"Je tiens à remercier mes partenaires, Jacky Pascaud, mon garage de Kolb le Guillou, qui me permet de faire la voiture au garage, mon collègue qui me file un coup de main de temps en temps et Signalétique qui réalise les décos des autos !"

 

 

Julien Defoy - Interview réalisé les 25 juillet, 13 septembre &  11 octobre 2011

 

 

 

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