Gérald André - « Une saison sérieuse et un espoir caché »
Jeudi, 16 Février 2012 18:44

Pointu dans son travail d'ingénieur, Gérald André l'est aussi quand il s'agit d'analyser ses performances au volant de sa BMW 318 Compact. Coup de projecteur sur un passionné passionnant.

 

Saison 2011


Après les soucis mécaniques entre 2005 et 2008, une année sabbatique en 2007 et un temps d'adaptation au profil ligérien, considérez-vous votre performance au rallye de la Vie 2011 (Ndlr : 6° scratch et 1° F2, après avoir longtemps occupé la 2° place scratch) comme une référence incontestable ou un pas supplémentaire qui viendrait s'inscrire dans un tableau de marche visant à satisfaire une faim de podiums, voire de victoires ?


"Je vois plutôt ce résultat comme une marche de progression, car au départ pour la région ouest la voiture n'était pas réglée et je n'étais moi-même pas adapté aux spécificités rencontrées . Même s'il y a une petite déception avec cette seconde place qui nous échappe alors que nous l'occupions jusqu'au départ de la dernière boucle, il faut dire que nous n'avons pas été aidés par nos choix de pneus. En effet quand la température s'est réchauffée j'avais deux vieux pneus à l'avant qui furent à l'origine d'un freinage mauvais et d'une adhérence trouble.  Mais ça reste une performance sympa et c'est la première fois que je ressentais vraiment l'auto sur ce type de tracé, je me suis retrouvé en pilotage sur ce super tracé très technique."

Votre saison a aussi été marquée par une jolie deuxième place scratch à la Ronde de la Durance, seulement trois secondes derrière Patrice Fabre et sa 207 S2000. Quel bilan tirez-vous de cette année 2011 ?

"Ce fut une saison prometteuse, en dessous de mes espérances mais prometteuse! Au rallye de la Ronde de la Durance nous avions des ambitions, mais on a rencontré un problème au niveau de la suspension. Pour ceux qui ne connaissent pas, le rallye de la Durance propose une spéciale qui est extrêmement bosselée et on a donc sacrifié une des deux spéciales dans chaque boucle.  Avec trois secondes de retard à la fin il y avait forcément une petite déception de ne pas avoir gagné."

 

 

Un transfert exigeant techniquement et "pilotagement"


Pour revenir à votre transfert vers les Deux-Sèvres et votre débarquement sur les épreuves "nordiques", qu'est ce qui est le plus difficile à appréhender pour un "sudiste" venu se frotter à la concurrence septentrionale ?

"Il y a deux éléments très pondérants : l'adaptation du pilotage et le réglage de la voiture. Pour ce deuxième point, les autos du F2000 étant réglable à de nombreux points il faut vraiment être pointu. Par exemple au départ mes rapports de boîte étaient beaucoup trop courts et inadaptés pour les spéciales rapides. Il m'a fallu quatre, cinq courses pour trouver les bons réglages. En ce qui concerne la concurrence, il n'y a pas de différence de niveau."

 

Le corse Paul Alérini relevait lors du rallye des Côteaux du Layon 2011 un constat palpable aux sujets des disparités sud-nord, « c'est extrêmement rapide avec peu de virages, alors que chez nous c'est l'opposé ! » (P.A) Quelles sont pour vous les différences les plus marquantes entre les rallyes du sud et ceux du nord en terme de tracé, mais aussi en terme de réglage de l'auto ?


"On a un pilotage et une auto qui doivent être parfaits dans le sud-est pour des vitesses pas très élevées, il faut donc beaucoup de motricité et le pilotage nécessite un sens d'attaque élevé. Pour l'ouest les rallyes sont beaucoup plus rapides avec des vitesses beaucoup plus élevées en terme de point de freinage. Ce qui implique une efficacité de freinage redoutable qui n'est pas forcément nécessaire dans le sud-est. Au niveau du pilotage il faut prendre l'habitude de garder le pied au fond sur des routes étroites."

 

 

BMW 318 Compact GA

 

On rappelle que votre BMW 318 TI Compact a été conçue et montée par vos soins entre 2001 et 2004. Pour l’anecdote, l'analyse très pointilleuse de "la jaune" par le Docteur Vaucard a constitué le deuxième épisode de la série "Une voiture au crible" initiée par Echappement (N°518, octobre 2010). Où situez-vous ses performances par rapport aux Compact griffées Delages ou Biotteau par exemple ?


"Sans paraître prétentieux, je pense avoir passé un cap aujourd'hui. Après m'être posé beaucoup de questions sur cette auto que j'ai entièrement montée, je crois désormais pouvoir affirmer  être en mesure de me battre pour la gagne en F2000. Et si on n'a pas de grosses autos bien conduites, l'objectif sera clairement de jouer la gagne."

La Compact GA a-t-elle subit des évolutions au cours de la trêve hivernale avec la mise en pratique de quelques suggestions prodiguées par "le Doc" ?

"En effet il y a eut trois choses. Tout d'abord, la mise en pratique de quelques conseils en terme d'aérodynamique et de hauteur de caisse. Cette rencontre avec Jean-Claud Vaucard a été un contact technique et humain très fort ! En 2011 nous avons beaucoup travaillé sur les suspensions avec Solution F (Ndlr : Sous-traitant PSA et Renault Sport, activités de motorisation, mise au point de prototypes, suspension, etc) et nous disposons désormais d'une meilleure liaison au sol. En fin d'année 2011 mon préparateur moteur, MF POWER Compétition (Ndlr : Marc Fanciullo, motoriste réputé basé à Aix en Provence) m'a fait une nouvelle cartographie qui a permis de gagner dix chevaux pour atteindre une puissance de 280 chevaux. J'ai toujours des idées pour faire évoluer l'auto, mais le budget freine forcément. De toute façon je pense qu'on n'a jamais fini sur une auto."

 

 

« Une saison sérieuse et un espoir caché »


En 2011 le rallye de la Vie fut votre seule apparition dans le comité BPDL. Retrouvera-t-on la BMW toute parée de jaune sur les routes ligériennes plus régulièrement au cours de la saison 2012 ?


"Cette année on a décidé de faire une saison "sérieuse", ce qui ne fut pas le cas depuis longtemps, avec un espoir caché en organisant les épreuves pour se qualifier. L'avantage de rouler dans l'ouest pour moi c'est la proximité avec mon domicile, mais je reste très sélectif sur les tracés, avec du technique. On commencera au rallye de la Vienne et pour le reste de la saison j'ai quelques pistes qui restent encore à préciser : Vignes de Régnié, Vignoble, Ronde de la Durance, XII Travaux, Vie, Clain et il faut voir pour le rallye des Côteaux du Layon.."

Justement la finale aura lieu cette année à Gap, région qui vous a véritablement vue débuter en 1992 au volant d'une M3 Groupe N, cet espoir caché couve forcément un sentiment particulier..


Il y a deux choses. Une finale a toujours une saveur particulière : ambiance, fête. C'est une récompense pour toute l'équipe. Même si avec une auto comme la mienne c'est difficile de se bagarrer avec les autos d'usines si on peut dire, mais c'est clair qu'on aura l'objectif de se bagarrer pour le F2000 et ça nous permettra de retrouver les copains du sud ... si on y est bien-sûr.

Avez-vous des projets en vue pour les saisons à venir ?

"Pour le moment je souhaite garder la voiture comme elle est, même si un de mes rêves très lointain serait de rouler en quatre roues motrices. Ma seule participation en 4X4 remonte à 1994, j'avais participé à la finale avec la première Subaru groupe N qui a roulé sur asphalte en France."


Un petit mot sur votre collaboration de dernière minute avec le copilote RallyeMax, Romain Touret, au rallye de la Vie..

"J'ai été agréablement surpris, puisque tout a été décidé à quelques jours du rallye et que Romain était en quelque sorte un débutant dans le baquet de droite. Et j'ai trouvé quelqu'un de très concentré, sérieux et tout cela malgré son jeune âge. C'était impressionnant et ce fut une expérience très enrichissante autant pour lui que pour moi. C'est sûr qu'il y avait quelques années entre nos deux baquets ! (rires)"

 

Julien Defoy - Interview réalisée le 12 février 2012

 

 

 

Espace RM

.... . ...

Vidéo

Best of 2012


Publicité

Suivez RallyeMax.fr sur Facebook

En ligne

Nous avons 59 invités en ligne