Rallye de Bretagne 2012 - L'auberge bretonne
Mercredi, 16 Mai 2012 12:31

Du grand Mendez

 

A tout juste 20h30, le point stop de St Georges est d'une quiétude imperturbable et l'arrivée joviale de la guest-star du weekend, le champion du monde finlandais Ari Vatanen, ne vient en rien modifier les préparatifs de la dernière spéciale se concourant à la lueur du halo naturel. Répondant en toute simplicité à nos questions, l'"ami Ari" (Cf. film Camping) ne tarit pas d'éloges sur le déroulement de cette deuxième édition. En effet l'équipe de Max Martineau a mis les petits plats dans les grands en proposant aux observateurs de la FFSA une feuille de route qui ne semble présenter d'accrocs synonyme de revers, une sorte de "Grand Mendez" au dessein de finale.  Un grand mendez sans souci de pipe d'admission pour André Jezequel qui est le premier à venir stopper sa monture devant le panneau d'affichage. Auteur jusque-là de cinq scratchs sur six possibles, le breton n'améliore pas son chrono mais empoche un nouveau scratch. Grandissime favori, le pilote de la Peugeot se doit de surveiller la Compact guérandaise du couple Robert. Un Patrice Robert bien heureux d'en terminer avec les huit kilomètres de la spéciale des Roches du Diable, afin d'"abreuver" une turbine motorsport grimpant à plus de 120 degrés en spéciale. Sur les conseils d'Hugues Delages et poussé par son assistance, Patrice Robert doit notamment sa "survie" au perçage du calorstat. Troisième du prologue, Daniel Rault en conclut lui aussi avec cette spéciale qui lui réussit plutôt bien depuis le début de la journée, lui permettant ainsi de grappiller quelques secondes sur ses concurrents directs à chaque passage. Associé à Franck Quinard, le garagiste de Plouaret présente assurément un visage extrêment conquérant depuis le début de la saison, un Daniel Rault retrouvé en quelque sorte. Venu faire une pige au volant de la Mitsubishi de Damien Delanoue, le pilote essayeur Renault Sport Laurent Hurgon est désormais attendu au point stop d'une seconde à l'autre. Une minute, deux minutes, puis bientôt trois quand la splendide BMW M3 de Thierry Kerveno vient pointer son museau silencieusement, anormalement silencieusement pour le bijou motorsport. Thierry Kerveno s'empresse sous le bonnet du quatre cylindres et l'énigme est rapidement résolue, joint de culasse fail. Après la direction assistée récalcitrante à Lohéac, c'est donc un nouvel abandon pour le breton qui réalisait une course étincelante et se livrait à une lutte acharnée avec Daniel Rault et Ugo Girardeau. Aussitôt l'allemande aiguillonnée sur la bordure que Laurent Hurgon arrive à l'agonie avec le triangle de suspension arrière gauche déboîté. Bien ancré à la troisième place scratch, le francilien perd tout espoir de figurer dans le top 5. Tous les regards sont tournés vers la Compact d'Eric Chabrier. Accroché à la quatrième place au profit d'un excellent second chrono, l'angevin a l'occasion de s'emparer de la troisième marche du podium. Mais c'est la GT volante de Freddy Rault qui franchit la ligne derrière la Mitsubishi, pas de BMW à l'horizon. Le troisième coup de théâtre est une nouvelle fois à mettre sur le compte de la mécanique et de la poulie damper de la Compact. Il est 21h, le rallye de Bretagne vient d'outrepasser un "jump à fond" qui propulse Ugo Girardeau de la 7è à la 3è place. [...]

 

 

Cinq hommes pour deux fauteuils


Dans cette auberge bretonne*, l'affiche proposée pour le dernier chrono est alléchante. Deux hommes en bagarre pour la troisième place, trois pour la cinquième et les deux premiers N1 qui font durer le suspens. Après un début de course poussif au commandement du groupe N, Ugo Girardeau sort le grand jeu pour aller chercher un podium inespéré à deux spéciales du terme de l'épreuve. Il laisse ainsi la Mégane de Daniel Rault au pied du podium pour la seconde fois de la saison, mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver le breton en haut de l'affiche. Dans le second groupe, Freddy Rault conforte sa position devant Romain Guenec et Vincent Humeau à coups de passages de hautes voltiges. Après sa performance au Côteaux du Layon, Romain Guenec prend la mesure d'Olivier Louis qui déposera finalement le carnet après l'ES5  et récidive en empochant la classe 13 face à des garçons comme Patrice Léon, Jean-Luc Souffez ou encore Patrick Groheux, mal en point avec ses Hankook. Enfin la N1 revient à Benoit Saint-Jean qui conserve son avantage sur Mathieu Besnard, auteurs de trois temps de classe dans la journée. Le ligérien en termine ainsi avec la série des deuxième places pour enclencher la première.


Et aussi ..

 

Malgré sa mésaventure, Laurent Hurgon parvient à rejoindre l'arrivée et à intégrer le top ten en y agrémentant une victoire de classe qui n'efface pas la déception d'un podium manqué. Malgré sa sortie au rallye du Lyon-Charbonnières, Frédéric Souffez a tenu à être de la fête avec la Saxo de son copilote d'un jour, Laurent Le Potier. La collaboration entre les deux hommes s'est soldée par une éclatante victoire de classe, ajournée par une place dans le top quinze. Largement en tête en A5, Kévin Coignard sortait dans le second chrono et manquait de piquer une tête dans l'étang du Pont Kallec. Philippe Naud ne pouvait transformer l'essai suite à la casse de l'embrayage et c'est Stéphane Vesvre qui remportait la mise pour sa première arrivée de la saison. En N3, le duel au sommet opposant Thierry Landais et Mathieu Rault prenait fin dans la quatrième spéciale suite à la prise de liberté soudaine d'une roue pour la RS de Rault. Thierry Landais se dirigeait donc vers une victoire méritée, mais la Clio était victime d'un dernier coup du sort qui obligeait l'équipage à rendre les armes quelques mètres avant l'arrivée finale. Ce dernier rebondissement profitait au normand Nicolas Martin qui empochait sa quatrième victoire de la saison au terme d'une course régulière. Intouchable en N2 Stéphane Gardan pointe à une étonnante mais logique 13ème place scratch, tant la vitesse de ce garçon est un fait accompli. Patrice Robert aura dominé de la tête et des épaules la classe 14. Daniel Rault se montrait le plus téméraire derrière le guérandais dans le premier chrono. Peu à l'aise avec ses Hankook et fautif avec sur un changement de direction manqué dans la quatrième spéciale, le breton devait s'effacer derrière Eric Chabrier. L'angevin faisait le trou dans le premier passage de "Le Scorff" (20 km) avant de conforter sa position. Mais la mécanique en décidait autrement et Daniel Rault glanait les points de la seconde place. Seul partant en F2-12, Luc Barré rejoignait l'arrivée finale et remportait tout logiquement sa première victoire avec ce petit bijou.

 

* Cf. L'auberge espagnole - Remerciements à Aubin Gagneux !

 

 

 

Espace RM

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Vidéo

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