Ludovic Surin - "A cœur ouvert" [Part. I]
Mercredi, 07 Septembre 2011 21:13

Ludovic Surin nous a accordé une interview à "cœur ouvert". Ainsi nous vous proposons, à travers une interview en deux parties - dans laquelle Ludovic nous fait œuvre de sa simplicité et de son humilité - de découvrir ce talent brut.

 


On vous a vus au volant d'une Ford Escort Groupe N en début de saison, vous voilà désormais sur une 106 F2-13, ce après avoir roulé sur différentes autos (Clio RS, Williams, 306) ces dernières années. N'est-il pas difficile de devoir régulièrement se ré-adapter à une nouvelle auto et pensez vous que cela puisse être un frein à vos performances ?

"Tout d'abord, il faut savoir que ce n'est pas vraiment voulu d'essayer autant d'autos, c'est plus dû à des problèmes financiers à chaque fois. J'ai eu la 306 groupe N pendant plusieurs années, lorsque nous sommes passés à la 306 groupe A nous avons pris une grosse gamelle financière. En effet j'avais fait préparer des pièces, mais  nous avons rapidement tout pris pour notre grade.. On a donc été obligé de repartir avec une Clio Williams. Le fait de changer régulièrement de voitures m'a aidé à m'apercevoir que dans n'importe quelle auto je pouvais m'adapter sans soucis."



Justement comment expliquez-vous cette facilité d'adaptation, puisque malgré tous ces changements d'autos votre nom reste bien accroché en haut des feuilles de temps..

"Honnêtement je ne sais pas comment expliquer ça. Je monte dans la voiture et je m'adapte avec. On me dit il faut faire comme ça, donc je fais comme ça. C'est comme pour ceux qui ont l'oreille musicale. Moi je ne sais pas pourquoi, j'ai surement de la chance, mais c'est la dedans."



Après les tractions, la quatre roues motrices, il ne vous manque plus que les joies de la propulsion ..

"J'aimerais bien essayer, après je ne suis pas non plus à me dire ça tous les jours en me levant. Mais c'est vrai que si je pouvais essayer une Compact je ne dirais pas non."



Tout est une question de budget .. ?

"Tout à fait. Même si pour la Clio Williams c'est un peu différent. À l'allure où je roulais, plus qu'à la limite de l'auto, je ne pouvais plus continuer, si ça finissait mal ça aurait vraiment fini très mal. Il n'y avait pas beaucoup de sécurité dans la voiture, quand je voyais l'arceau et tout, en plus je roulais avec Éloïse donc tôt ou tard il fallait que j'arrête mes conneries. C'est bête à dire, mais à l'allure où je roule la tâche d'huile ça ne passe pas.  La Ford Escort avait un énorme arceau et je m'étais dit en fin d'année dernière que si je repartais en rallye, j'essayerais une quatre roues motrices. De plus ça rentrait dans mon budget. Finalement la découverte c'est que c'est dix fois trop cher pour moi, en effet c'est une auto sur laquelle il y avait tout à reprendre et je n'avais pas le budget pour le faire. J'ai pourtant passé des heures et des heures à la refaire vraiment belle, on a cassé le turbo à la Côte Fleurie et le moteur à la Suisse Normande. Nous étions quatrième au scratch à la Côte Fleurie, là j'avais vraiment les boules.."



L'Escort vendue, on vous retrouve sur une liste d'engagés au rallye Ville du Tréport avec une Peugeot 106 F2-13, début juin. Pouvez-vous nous présenter ce projet ?

"Je voulais retrouver une auto avec une grosse cage d'arceau, il y avait soit les Clio RS en N3, les Saxo ou les 106, même si à la base elles ont un arceau moins costaud que les deux précédentes. Et j'ai trouvé cette 106, l'ancienne de Jérémie Prat montée par Julien Perroux, avec le tout dernier arceau Matter, celui de la 106 Kit-Car. L'auto a été acheté dans l'état où elle est actuellement. On a 175 chevaux pour 909 kg, je suis resté en train de challenge, comme ça ça ne me coûte pas cher. Il y a tout de même la boîte de vitesse six crabot Sman de la Kit-Car. Pour le reste c'est d'origine et niveau amortisseurs c'est du basique. On a cherché un bon compromis, elle n'est pas très onéreuse à l'entretien. J'ai repris beaucoup de plaisir à son volant, c'est un mix entre la 306 Groupe N, voiture coupleuse, souple et simple à conduire, et la groupe A, qui était beaucoup plus dure à conduire, moins coupleuse mais ça arrachait. La 106 c'est un petit truc qui arrache, faut vraiment être dedans, mais j'adore ça."



Visuellement vous semblez avoir un style de pilotage qui tend à rechercher la motricité à travers des trajectoires très travaillées ..

"C'est vrai que suis plus dans le propre, je vais quand même aller provoquer la voiture, mais tout en restant dans la propreté. Je suis trajectoire, toujours trajectoire. Justement dès que je suis un peu brouillon je n'aime pas. Il faut que je sois dedans. Une spéciale où je me suis fait plaisir, c'est une spéciale dans laquelle : j'ai freiné très très tard, je suis rentré tôt dans le virage, j'ai accéléré rapidement, j'ai vite débraqué, j'ai freiné aussi tard au virage suivant et enfin que l'auto est ressortie en légère glisse en fond de six dans les droite/gauche où il fallait passer à fond. Quand j'ai roulé de cette façon je sors de la spéciale en transe, je suis heureux."



De plus tu es un pilote qui fait très peu d'erreurs ..

"Depuis mes débuts en rallye (Ndlr : 2004) j'ai dû faire un 360 sur la route après avoir tapé un talus de face avec la 205 en 2004. Après j'ai eut deux ou trois fois des trucs stupides, comme une bosse que je n'avais pas noté correctement m'entraînant dans un champ. Sinon la seule sortie de route que j'ai connu c'était avec Éloïse à Coutance l'année passée. Un tuyau de DA avait pété et tout le liquide avait été se mettre sur la roue, dans l'étrier de frein, j'ai freiné et quand j'ai voulu rentrer en trois je n'ai même pas put tourner le volant."


 

Julien Defoy - Interview réalisé le 25 juillet 2011

 

 

 

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